lundi 28 novembre 2011

mercredi 23 novembre 2011

Socialités s s s

"Socialités". Ce néologisme fait fureur aujourd'hui.Comme si les concepts de communauté et de sociabilité ne suffisaient plus. On veut sans doute suggérer des mutations de nos liens sociaux et des processus en cours de gestation. Une sorte d'hyperactivité sociale sous l'effet des technologies numériques. Bien sûr, c'est le succès des réseaux sociaux - que l'on appelle aussi désormais des "médias sociaux", comme s'il existait des médias qui ne soient pas sociaux - q'on invoque pour fonder cette nouvelle notion de socialité, qui aurait une sorte de pouvoir magique pour nous rapprocher positivement.
Car nous sentons bien la nuance: les socialités - toujours au pluriel pour souligner la multiplication et la diversité de ces nouveaux liens sociaux - construisent les solidarités de nos nouvelles sociétés. Elles ont un pouvoir quasi organique et secrètent de la colle, du liant, de la bonne santé sociale, de la conscience, de nouvelles dynamiques qui font du bien.
Bref, ces socialités euphorisent. Elles sont le contraire des fractures sociales. Voilà un beau programme pour une sociologie fine et optimiste. On ne peut pas être contre. On peut se demander cependant si le numérique est une boisson magique, un philtre social de bonification. Au premier accroc on peut prédire que ces socialités révéleront leur caractère superficiel et leur fragilité si nous n'y mettons pas du contenu, des valeurs et une volonté plus solide que les toiles d'araignée qui ne durent qu'un court moment. Sans même parler du coup de balai.

mardi 22 novembre 2011

Un humanisme numérique?


Repenser l'humanisme à l'âge du numérique, c'est ce à quoi il faut s'atteler. L'humanisme bourgeois, chrétien, charitable a connu trop de défaites extrêmes pour être demeuré crédible. Et il ne répond plus au changement de paramètres sociaux et moraux de notre époque. De façon synthétique, nous pouvons donc bien parler d'un humanisme numérique. Pour autant, la tâche demeure entière pour en définir le sens. Il ne suffit pas de souligner que tout devient numérique et de rappeler que l'homme doit demeurer le centre et la finalité de ce nouvel environnement technologique. Nicolas Negroponte a déjà décrit cet "homme numérique" (Being digital) de façon convainquante et assez exhaustive en 1996. Il y a quinze ans! Il ne suffit pas de parler de l'importance de l'homme. Il faut livrer une morale, une exigence éthique fondatrice pour l'avenir.
Je préfère donc parler d'hyperhumanisme: un humanisme augmenté qui valorise les liens. Cet hyperhumanisme n'est pas seulement numérique. Il exige plus de solidarité humaine sur la base d'une éthique planétaire. Et cette éthique a déjà été rédigée. dite et redite dans les Déclarations universelles des droits de l'homme. Ce sont des droits élémentaires, mais qui demeurent constamment et scandaleusement bafoués. Je suis de ceux qui croient que le développement accéléré des réseaux numériques favorise cette augmentation des liens entre humains et leur intensité. Il favorise la transparence de l'information à un niveau planétaire inédit. Il exige des réactions plus rapides, quasiment en temps réel. Il permet des dénonciations, des mobilisations et des interventions efficaces. Il augmente notre conscience humaine individuelle et collective et crée une pression universelle en faveur du progrès. C'est pour cet hyperhumanisme qu'il faut donc plutôt nous engager. Parler d'un humanisme numérique, c'est prendre conscience de notre nouvelle nature, mais l'éthique exige d'aller plus loin dans notre analyse et dans notre volonté.

dimanche 20 novembre 2011

Conscience et spiritualité à l'âge du numérique


Nous vivons dans un monde de plus en plus technoscientifique et de moins en moins religieux. Cette affirmation demande évidemment aussitôt d'être nuancée, tant la croyance et la superstition demeurent importantes, non seulement dans les pays en développement, mais aussi dans le plus industrialisé de la planète, les États-Unis, où resurgit paradoxalement aujourd'hui un fondamentalisme nouvel-évangéliste agressif.
Lorsque je parle de conscience et de spiritualité, je dois aussi nuancer. Il y a incontestablement des spiritualités bonnes et d'autres mauvaises, éthiques ou perverties, humanistes ou antihumanistes, comme il en est des mythes et des idéologies.
La conscience et la spiritualité qui répondent aux exigences d'un humanisme augmenté, ce que j'appelle un hyperhumanisme, sont celles qui nous imposent le respect de l'autre et une exigence de solidarité humaine et de justice, notre engagement contre la violence, l'exploitation, le cynisme dont se glorifient encore tant d'êtres humains. Nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer ce 1% de fervents de néolibéralisme économique, de compétition et de spéculation capitaliste sans merci, d'enrichissement aveugle. Cette conscience hyperhumaniste, c'est celle dont font preuve aujourd'hui les altermondialistes et les indignés.
Nous sommes beaucoup d'athées qui croyons à une finalité humaine. Pas celle des religions qui nous promettent le paradis et la justice au ciel, à condition que nous acceptions de souffrir ici-bas dans notre vallée de misère. Mais une finalité qui soit celle d'une éthique planétaire que nous devons instaurer avec persévérance. Pas celle du salut individuel que nous enseignent les religions, mais celle de notre salut humain planétaire.
Le développement spectaculaire des communications numériques renforce notre conscience de solidarité planétaire. Nous ne pouvons plus dire que "nous ne savions pas". Paradoxalement, le numérique, qui repose sur le code binaire le plus élémentaire qui soit, pourra contribuer à augmenter notre conscience et nous inciter à adhérer à une morale plus altruiste, plus exigeante et interventionniste. Le numérique nous donne plus de puissance créatrice, mais aussi de destruction, donc plus de liberté, mais aussi plus de responsabilité.
Peut-on pour autant parler de spiritualité? Je le crois. Nous ne pouvons pas nous contenter de consommer plus, de créer plus d'électroménager, d'avions et de téléphones intelligents. Nous devons réapprendre aussi à respecter les exigences de la nature et du développement durable, de la diversité culturelle; nous devons agir en faveur des démunis, de la justice sociale, dénoncer les scandales dont nous entendons de plus en plus parler dans les mass médias. Ce ne sont pas seulement nos téléphones, mais aussi et surtout l'humanité qui doit devenir plus "intelligente", qui doit reconstruire ses finalités en d'autres termes que ceux des religions aliénatrices.
Notre engagement est en faveur de l'Homme ici, sur terre, pour travailler à son progrès. Cette augmentation de notre conscience conduit directement à ce que j'appellerai une spiritualité athée, hyperhumaniste.

samedi 19 novembre 2011

l'homme hyperlien


La réalité n'est-elle pas plutôt que je ne suis qu'un lien, un passeur, un hyperlien, un lieu de passage d'autres liens génétiques, chimiques, électromagnétiques? L'humanité est-elle, comme a pu dire, un hypertexte? L'univers est-il un hypertexte? Que peut-on espérer de cette métaphore contemporaine?
Autant dire, comme McLuhan que le medium, c'est le message, ou bien que c'est un massage. Ce qui est manifestement inacceptable dans les affirmations de McLuhan l'est aussi dans ces métaphores. Il faut maintenir l'idée du sujet, de son autonomie, de sa liberté, de son identité irréductible à des synapses numériques ou sociaux. Si non, nous retomberons dans l'obscurantisme, fusse-t-il numérique.

vendredi 18 novembre 2011

mercredi 16 novembre 2011

Masse et solidarité individuelle


Les arbres sont en compétition pour leur survie, mais pas les feuilles du même arbre. Elles sont au contraire solidaires entre elles et avec l'arbre qui les porte.

dimanche 13 novembre 2011

De Solidariteit van de Mensen


À Amsterdam, autogestion quotidienne d'une page d'information sur le quartier De Jordaan dans le journal Het Parool, avec un collectif hollandais et le soutien de la Fondation De Appel, 1978.

samedi 12 novembre 2011

Activer les liens humains


En 1998, avec le soutien de la Fondation De Appel, et un collectif hollandais, "Jordaaners, Maak uw krant!". Autogestion pendant une semaine d'une page quotidienne d'information locale par les habitants du quartier De Jordaan. Le journal comme medium artistique pour une démarche interrogative.

mardi 8 novembre 2011

Het Parool


Avec le soutien de la Fondation De Appel, autogestion d'une page d'information quotidienne pendant une semaine par les habitants du quartier de Jordaan, 1978

lundi 7 novembre 2011

Autogestion du journal Het Parool


Avec les habitants du quartier De Jordaan, une page par jour pendant une semaine dans le quotidien Het Parool. Avec le soutien de la Fondation De Appel. 1978.

dimanche 6 novembre 2011

Pour un hypercapitalisme


L'écnoomie mondiale est devenue l'otage d'un capitalisme financièrement exacerbé. Pourtant, malgré les crises en cascades où celui-ci nous conduit, nous ne voyons aujourd'hui aucune alternative réaliste et crédible au capitalisme. Nous n'allons pas revenir au troc, ni au communisme. Depuis la chute du mur de Berlin et le constat des effets pervers du socialisme, les caïds du capitalisme n'ont plus eu aucune retenue. Ils sont devenus des prédateurs cyniques, avec une vision à court terme qui aboutit à l'autodestruction même du capitalisme dont ils ont tant profité. Cette petite minorité tire même de grands bénéfices de la volatilité financière et des crises qu'ils suscitent sur le dos de l'immense majorité des travailleurs et épargnants qui sont devenus pour eux une mine à exploiter sans merci. Les dérives sans frein de ces spéculateurs au détriment des citoyens ordinaires provoquent aujourd'hui des réactions généralisées de protestation. Ces gangsters ont des cravates, mais demeurent des tueurs. La violence du capitalisme est devenue intolérable. Les indignés dénoncent pacifiquement mais avec une obstination plus que légitime ce 1% d'enrichis qui imposent leur loi du plus fort aux Etats et au 99% d'exploités que nous sommes. Les loups ne tondent même pas les moutons, ils les dévorent de bon appétit.
Malheureusement c'est la logique même du néolibéralisme et de la déréglementation systématique institués par plusieurs gouvernements, à commencer par celui des Etats-Unis,qui nous ont conduit à cette situation. De sorte que ces professionnels de la spéculation ont le plus souvent agi légalement et impunément. Et qu'ils sont devenus si puissants qu'ils réussissent à bloquer toute initiative de réforme. Au coeur de la crise ils continuent à s'autorémunérer avec des primes au profit scandaleusement indécentes. Ils mènent le monde. Ils le mèneraient à sa perte sans crainte aussi longtemps qu'ils feraient de l'argent.
Je suis un indigné parmi des milliers d'autres, dont le nombre augmente chaque jour. Après la prise de conscience des écologistes, qui a conduit à l'engagement politique des verts et à des réformes - encore très insuffisantes - pour protéger l'environnement, le temps est donc venu d'un autre engagement politique, celui des indignés. Cette prise de conscience est mondiale, comme celle des écologistes, car les abus du capitalisme financiériste, comme ceux de la pollution, ont immédiatement des répercussions mondiales.
Il ne s'agit évidemment pas de mettre fin au capitalisme (pour le remplacer par quoi?), mais de le réformer profondément par un encadrement législatif appuyé sur des sanctions capables de ramener les spéculateurs à des pratiques raisonnables et légitimes.
Ne rêvons pas: le capitalisme est le moins pire des systèmes économiques que nous puissions envisager aujourd'hui. Mais il exige d'urgentes réglementations nouvelles qui mettent fin au chaos mondial dans lequel il nous a entraîné.
Les économistes connaissent les remèdes qui s'imposent, parmi lesquels les organisations coopératives, le renforcement des institutions de contrôle, le blocage de l'évasion fiscale et la suppression mondiale des paradis fiscaux, une redistribution fiscale équitable incluant la taxe Tobin sur la spéculation. Cela suppose aussi l'acceptation de valeurs de solidarité humaine, qui aillent dans le sens d'un hypercapitalisme au sens d'un capitalisme qui valorise les liens de solidarité, donc plus respectueux des consensus sociaux et de règles de jeu qui ne détruisent pas les valeurs humaines. Le modèle de la prise de conscience écologiste s'impose aussi au capitalisme et devrait se traduire par des contraintes de gouvernance mondiale équivalentes à celles de Kyoto. Les échecs de Kyoto, les retraits des récalcitrants, comme notamment le Canada actuel du gouvernement conservateur, ne devraient pas empêcher un progrès global dans cette voie, qui devient pour l'économie aussi urgent que pour l'écologie.
Cette nouvelle gouvernance financière est de la plus grande urgence, comme dans le cas de l'environnement. Elle exige des institutions mondiales de contrôle. Son application demeurera un défi constant, mais mettons nous dans la bonne voie avec obstination et il y aura place au perfectionnement. Nous n'avons pas d'autre choix. C'est un engagement citoyen. Et cette gouvernance mondiale permettra de réorienter nos économies, y compris la compétitivité et une spéculation légitime, stimulante et créatrice (non pas destructrice comme celle d'aujourd'hui) vers un meilleur modèle de capitalisme que sera l'hypercapitalisme: plus de capitalisme, un meilleur capitalisme, grâce à plus de liens de gouvernance mondiale.

vendredi 4 novembre 2011

autogestion du journal Het Parool


Bureau mobile de rédaction pour les habitants du quartier De Jordaans à Amsterdam. Une page par jour pendant une semaine rédigée et mise en page par les Jordaaners. Avec un collectif hollandais et le soutien de la Fondation De Appel, 1978.

jeudi 3 novembre 2011

autogestion de l'information à Amsterdam




Autogestion d'une page d'information quotidienne par la population du quartier De Jordaan à Amsterdam pendant une semaine en 1978."Jordaaners maak uw krant": Habitants du Jordaan, faites votre journal, un évènement d'art sociologique avec un collectif hollandais, avec le soutien de la Fondation De Appel.

mercredi 2 novembre 2011

Le peuple dans le musée






Dans le musée d'art moderne transformé en "évènement social imaginaire" pour le peuple de la rue (La calle Adonde llega?), les visiteurs s'expriment sur les cimaises. Qu'est-ce que la nature, selon vous? Quel avenir pour le Bois de Chapultepec?