dimanche 26 juillet 2020

Manifeste en ligne pour un art hyperhumaniste


Manifeste pour un art actuel face à la crise planétaire

Les analyses abondent de tous horizons pour changer nos paradigmes, nos valeurs, nos gouvernances politiques, économiques, sociales, écologiques, culturelles, locales aussi bien que planétaires et nos comportements individuels, pour repenser nos pratiques de santé publique, d’éducation, de commerce, revaloriser la société civile face aux logiques surplombantes de nos gouvernants. Tout y passe, contradictoirement souvent. Mais force est d’entendre le silence assourdissant d’un grand absent de ce concert d’appels urgents à mutations : l’art. Pourtant dans le domaine de l’art aussi, la « normalité » qui nous a menés à une catastrophe planétaire doit être profondément repensée. 

-La créativité individuelle du « n'importe quoi est art » initiée par Dada, Fluxus, le happening, les installations les plus diverses, a eu ses vertus créatives, on ne saurait le nier. Mais cette liberté extrême, qui nous libérait des poncifs de l’art et de la société, et célébrait l’alliance de l’art avec la vie, a inévitablement, comme l’avant-gardisme exacerbé des années 1960-70, atteint un degré de caprice individuel, de saturation, de non-sens et d’épuisement de ses modalités expressives, qui en détournent aujourd’hui le public élitiste, et auxquelles le grand public n’a jamais adhéré. Et c’est sans compter que le monde a considérablement changé entre temps, appelant à de nouveaux engagements artistiques. 
-Quant au « market art » globalisé, trop souvent vide de sens et médiocre, sa fibre marchande l’a réduit à un simple produit financier de spéculation entre les quelques mains de collectionneurs richissimes, faiseurs et défaiseurs de côtes outrancières qui éclateront comme des bulles irisées de savon. Il n’est même plus le « supplément d’âme » du capitalisme déréglé qui l’a instrumenté, mais un vulgaire placement : faits du prince, ports francs et enchères. Cette dérive ahurissante a tué le marché traditionnel des collectionneurs et des galeries qui aimaient fidèlement les artistes qu’ils soutenaient durablement. Ceux-ci en sont réduits à devenir des artisans commerçants de redites esthétiques pour nouveaux riches ou, s’ils préfèrent demeurer des explorateurs authentiques du monde actuel, de petits autoentrepreneurs marginaux et miséreux dans un marché mondial qui les ignore et les réduit à quêter aux portes des programmes de bienfaisance des institutions culturelles gouvernementales, s’il en existe dans leur pays.

- Nous sommes aujourd’hui confrontés à un bouleversement planétaire qui ne permet plus ce laisser aller « normalisé ». La crise, avec ses paradoxes inconciliables entre l’économie, l’écologie, la santé publique et le respect de l’homme, nous a enfermés dans un labyrinthe dont nous ne trouvons plus l’issue. Il nous faut pourtant agir rapidement pour survivre dans ce vortex obscur en accélération. Face aux dangers planétaires, la spirale verticale des philosophes postmodernes a perdu toute crédibilité. Comment peuvent-ils nier, comme s’y obstinent aussi les mathématiciens en astrophysique, et alors qu’elle est démontrée en géologie et dans les sciences de la vie, la singularité puissante de la flèche du temps dans notre histoire humaine, sous tension créatrice entre entropie et néguentropie, en rupture avec la répétition, la sélection et l’adaptation darwinienne, créant des divergences irréversibles. Il faut repenser l’art et la société, l’un autant que l’autre, qui sont inséparables, pour saisir de nouvelles chances dans cette disruption mondiale. 

-Tout ce qui est réel est fabulatoire, tout ce qui est fabulatoire est réel, mais il faut savoir choisir des fabulations porteuses d’espoir collectif et éviter les hallucinations toxiques qui nous ont conduit à cette crise mondiale qui n’en finit plus avec son cortège de souffrances humaines. Il faut donc en finir avec le cynisme de la résignation postmoderne aussi bien qu’avec l’irresponsabilité de l’aventurisme anthropocène, avec l’errance insignifiante du “n’importe quoi est art” aussi bien qu’avec la dérive triviale du « market art ». Il faut donner un sens à l’art. Il faut donner un art au sens. Certes, il n’y a pas de progrès en art, mais l’art change le monde. 
-Du scandale de cette crise émerge une conscience augmentée, hyperhumaniste grâce à la multiplication des hyperliens numériques qui nous informent en temps réel à l’échelle de la planète, nous imposant l’obligation et la responsabilité d’un art philosophique en quête d’une éthique planétaire, un technohumanisme en accord avec notre temps, respectant la puissance aussi bien que la fragilité de la nature, attentive à l’équilibre homme/nature autant qu’aux droits fondamentaux universels de l’homme, inclusive de notre diversité et des populations les plus vulnérables. Si nous ne croyons pas en l’Homme, il n’y a pas de solution. 
Hervé Fischer, mai 2020, Montréal.

mardi 23 juin 2020

samedi 16 mai 2020

vendredi 10 avril 2020

ÉMOTICON DE LA SOLIDARITÉ HUMAINE

 Mon engagement d'artiste: créer un émoticon de la solidarité humaine pour la plateforme du SAMU Social International face à la pandémie de la covid 19

mercredi 8 avril 2020

Ce dont je parle dans l’hyperhumanisme est biologique et actuel. L’inscription dans la plasticité des réseaux synaptiques des les premiers ressentis de chaque être humain, dès le stade foetal, qui devient une matrice physiologique de chacun de nous et évolue suivant les stades suivants, en relation émotionnelle avec le social pour déterminer nos fabulations, nos imaginaires sociaux. 
Vous pouvez toujours évoquer un magma de la matière forme énergie. Oui, je suis vitaliste. Il y a manifestement une énergie cosmique qui évolue selon ce que nous appelons à notre échelle humaine l’entropie et la néguentropie. Nous en sommes partie prenante, une espèce animale qui nous semble, à notre échelle humaine, plus évoluée que les autres espèces. Et avec l’hyperhumanisme nous tentons de surmonter ce qui nous semble être le chaos, selon ce que nous croyons nous être profitable. 
Mais l’hyperhumanisme, ce n’est pas un concept théologique, ni vitaliste, ni cosmique: c’est une volonté éthique planétaire, que je crois nécessaire. C’est une utopie bénéfique que j’oppose aux fabulations toxiques trans- et post humaniste des intégristes du numérique, même si l’hyperhumanisme est un technohumanisme qui puise dans la mémoire chrétienne et philosophique (Confucius, Kant, Bernanos, Sartre) pour s’affirmer avec l’émergence du numérique qui nous impose une conscience augmentée, planétaire en temps réel.
En bleu et contre tout, vers l'hyperhumanisme
spray sur bâche, 171x232cm, 2020

mardi 7 avril 2020

Une pandémie hyperhumaniste suivra-t-elle celle du covid19?

Deux de mes tweets philosophie récents sur @TweetArtOnAir :


#hyperhumanisme Faut-il une révolution virale planétaire pour que la solidarité humaine devienne elle aussi planétaire? Mais qu'en est-il dans les camps de réfugiés? En Afrique, en Inde quand le virus se répandra sans limite? Et reviendra en boomerang vers les pays riches?


#hyperhumanisme L’intelligence artificielle change les stratégies militaires: la « guerre augmentée ». Mais quid de l’IA contre la pandémie planétaire ? Personne n’en parle. Les gouvernements bricolent au jour le jour, même les USA!




mercredi 19 février 2020

L'optimisme hyperhumaniste


Merci Caroline Montpetit, Marie-France Coallier pour cette belle page du Devoir. À noter que mon chat Caramel n'est pas sur Fakebook.




En bleu et contre tout vers l'hyperhumanisme, spray sur bâche polyester, 171x232cm, 2020

mardi 18 février 2020

RED


Red, spray sur bâche polyester, 171x218cm, 2019

la violence sociale, série Rojo, Rouge, Rot, Red.
      
Liens, crayon à l'huile et acrylique sur toile, 92x73cm, 2020

Rencontre


La rencontre, spray sur toile libre, 176x230cm, 2020

L'Âge hyperhumaniste




             L’Âge hyperhumaniste, acrylique sur toile, 146x114cm, 2020

Vers l'hyperhumanisme


Vers l’hyperhumanisme 2, spray sur toile libre, 142x230cm, 2020

dimanche 9 février 2020

Pour une éthique planétaire hyper humaniste

Hervé Fischer:La relève des dieux

Interprète original de l’aventure humaine, Hervé Fischer critique les mythes fondamentaux de la culture occidentale et en appelle à une mythologie visant le "réenchantement du monde". Le tout basé sur la réconciliation avec la nature et sur une nouvelle éthique planétaire "hyperhumaniste".
Éric Paquin 11 mai 2006


Dans votre dernier livre, Nous serons des dieux, vous prétendez que les monothéismes sont non seulement une "erreur de civilisation" mais qu’ils constituent "l’une des pires catastrophes idéologiques de l’histoire humaine". Qu’entendez-vous par là?
"Quand on compare la façon simple et naturaliste dont nous pourrions interpréter le monde à l’énorme dispositif imaginaire qui a été inventé en Occident, avec Jéhovah, Dieu et puis Allah, on ne peut que constater à quel point nous nous sommes enfargés collectivement dans un misérabilisme masochiste, et ce, pendant plusieurs millénaires. Je crois qu’effectivement, nous n’avons pas eu de chance, parce que transformer la misère et la souffrance en illusion de rédemption et en bonheur dans l’après-vie, c’est le pire imaginaire où l’on puisse s’enfermer, c’est une sorte de maladie mentale collective."
Vous juxtaposez par ailleurs le "misérabilisme religieux" et le "misérabilisme psychanalytique".
"La psychanalyse est une déclinaison du misérabilisme judéo-chrétien. Freud – qui était pourtant juif, et qui ne croyait normalement pas au péché originel – s’est comporté en bon catholique viennois en substituant à ce mythe une sorte de maladie mentale génétique avec laquelle nous naîtrions tous parce que nous sommes l’enfant de nos parents, que nous avons un OEdipe, des traumatismes, etc. Au lieu de nous donner un espoir pour changer le monde, la psychanalyse freudienne tente de nous adapter au monde tel qu’il est en nous faisant tourner la cuillère dans tous nos miasmes, dans cette sorte de musée des horreurs que serait notre inconscient. On n’est pas obligé d’être aussi misérabiliste."
Tout en affichant votre athéisme, vous manifestez une sorte de nostalgie du polythéisme…
"Les polythéismes étaient des sécrétions imaginaires aussi farfelues que les monothéismes, mais ils avaient le mérite de la diversité culturelle et biologique. Le monothéisme est une dictature: Dieu connaît nos gestes et nos pensées les plus intimes, il nie la nature qu’il a créée et nous invite à mépriser notre corps. Les polythéismes étaient beaucoup plus tolérants, ils célébraient la nature, ils avaient une diversité de pensée. Chez les Grecs, il y a la victoire de l’homme sur les dieux (avec Prométhée) tandis que dans les monothéismes, il y a la victoire définitive de Dieu sur les hommes."
Vous vous définissez donc comme un matérialiste, pas au sens consumériste ou capitaliste du terme, mais au sens philosophique. Vous dites qu’il nous faut forger une nouvelle alliance avec la nature…
"À partir du moment où je ne suis plus déiste, je suis forcément matérialiste. Il n’y a pas de troisième choix! Je suis fait de matière et d’énergie, exactement comme un oiseau, comme une roche. Je suis un enfant de cette terre, fait des mêmes matériaux. Si je suis matérialiste, c’est de façon naturaliste et très spinoziste: dans cette nature, je jouis d’un niveau de conscience plus élevé que la roche et l’arbre et, à partir de ce moment-là, je sais que j’ai une aventure extraordinaire qui s’offre à moi et que je dois assumer."
Est-ce pour cela que vous rejetez même le bouddhisme, qui n’est pourtant pas une religion?
"Je déteste le bouddhisme autant que le monothéisme, parce que le bouddhisme est un refus de la vie. Il te dit: pour ne pas souffrir, ne vis pas, échappe-toi dans une incorporalité à travers le yoga et la méditation, pour mourir avant d’être mort, et là tu vas être heureux! Je n’accepte pas cette logique. De toute façon, un jour je vais être mort, alors pendant que je vis, je veux vraiment explorer cette vie. C’est une aventure qui nous est offerte une seule fois."
Cette philosophie propose pourtant un idéal de sagesse…
"La sagesse comme aventure personnelle. Moi, ce qui m’intéresse, c’est la sagesse collective. À quoi me sert d’être un sage qui écrit des livres et qui vit dans sa caverne, qui échappe à toutes les horreurs collectives et qui n’est sage que pour lui-même? Nous avons une obligation de nous engager pour que cette sagesse devienne une maturité collective. Actuellement, nous sommes dans une situation très dangereuse parce que nous avons une humanité qui a un pouvoir technoscientifique de plus en plus énorme, tandis que la maturité de son cerveau n’a pas beaucoup évolué de l’homme de Cro-Magnon jusqu’à George W. Bush. Nous devons augmenter notre niveau d’éducation, de maturité psychique, de maîtrise de notre comportement, de nos idées, de nos émotions…"
Vous dites en effet – c’est la thèse à la base de votre livre – qu’il faut prendre rien de moins que la relève des dieux…
"Comme êtres humains, nous devons assumer le rôle que nous déléguions autrefois si pieusement à Dieu. Nous ne pouvons plus simplement être les exécutants, nous devons nous-mêmes décider où s’en va l’espèce humaine. Nous sommes déjà en train de devenir des dieux, mais nous n’avons des dieux que l’éclair de Zeus. Nous n’avons pas fait de progrès par rapport à la psychologie de Zeus, de Vénus ou de Bacchus. Ou bien la nature va se débarrasser de nous parce que nous menaçons dangereusement la planète, ou bien nous allons être capables de muter anthropologiquement, au niveau de notre cerveau, dans le sens d’une amélioration."
À l’humanisme traditionnel, vous opposez ainsi un "hyperhumanisme" qui serait en train de se construire.
"La notion d’hyperhumanisme m’est tout d’abord venue de la notion des hyperliens. Dans la navigation sur Internet, on va de lien en lien. C’est l’idée voulant que nous soyons unis les uns aux autres par des liens que l’on retrouvait déjà chez Confucius et qui est la base de la morale laïque. Il faut remplacer la notion humaniste du salut individuel, religieux, que l’on achète avec la prière et la charité, par un hyperhumanisme basé sur la solidarité des liens. Je ne peux pas être humaniste et m’en vanter lorsque quelqu’un d’autre sur la planète n’a pas d’argent pour soigner sa malaria ou son sida. La notion d’hyperhumanisme revient à dire que nous sommes sur le même bateau, nécessairement solidaires pour assurer le salut de l’espèce humaine."
Comment peut-on, concrètement, parvenir à cet hyperhumanisme?
"Même si ce n’est qu’une action limitée que chacun peut faire, la conscience planétaire altermondialiste d’aujourd’hui me paraît être un rassemblement à travers la distance, les pays, les cultures, de beaucoup de gens qui sont confiants dans leur pouvoir de changer les choses. D’ailleurs, on ne peut être à la fois altermondialiste et pessimiste. Les altermondialistes sont en même temps absolument conscients des horreurs du monde actuel, optimistes et engagés. Je fais partie de ceux-là."
Nous serons des dieux
d’Hervé Fischer
VLB éditeur, collection "Gestations"
2006, 280 p.

samedi 8 février 2020

Vers l'hyperhumanisme, atelier d'hiver



Vers l'hyperhumanisme, toile libre, 2020, atelier d'hiver en partage avec la neige

vendredi 7 février 2020

Vers l'hyperhumanisme


Vers l'hyperhumanisme 2, toile libre, 142x230cm, 2020
toile peinte dans mon atelier d'hiver en partage avec la neige