lundi 13 avril 2015

Association humaniste du Québec





Pour plus d’infos et réservation : http://colloque.assohum.org/
À l’occasion du 10e anniversaire de l’AHQ
Au Centre humaniste du Québec,
1225 boulevard St-Joseph Est, Montréal
le samedi 6 juin 2015 à 13 h

(admission : 15 $ grand public, 10 $ membres de l’AHQ)

Conférenciers :

Daniel Baril, anthropologue : La religion, ou l’usurpation de l’humanisme
Cyrille Barrette, biologiste : La vraie nature de la bête humaine
Claude Braun, neuroscientifique : Écologie et humanisme
Hervé Fischer, philosophe : Conscience augmentée et hyper humanisme à l’âge du numérique
Marc Harvey, architecte : Une inflation humaniste à l’origine de l’humanité
Rodrigue Tremblay, économiste : Les excès de la mondialisation économique, commerciale et financière

jeudi 9 avril 2015

Croire en l'homme

Tweetphilosophie du 8 avril: un code Quick Response d'urgence qui se scanne ainsi: Si nous ne croyons pas en l'être humain, il n'y a pas de solution. 

mardi 24 mars 2015

De l'éthique individuelle à l'éthique collective


 tweet art, 2013

La magie est une tradition païenne, qui vise la puissance et le contrôle des esprits et des personnes. Mais son évolution religieuse monothéiste a prétendu nous révéler le sens de notre vie, visant moins à changer le monde d’ici-bas qu’à y faire régner une morale individuelle prometteuse d’au-delà paradisiaque. Pour la religion, ce n’est évidemment pas la technoscience, mais l’éthique qui nous sauvera, faute de quoi le Dieu monothéiste peut nous faire périr par le déluge ou par ses habituels fléaux. Le christianisme n’avait pas l’ambition d’imposer une morale collective, mais plutôt de nous inviter chacun individuellement à sauver notre âme dans un monde terrestre de péché destiné à finalement disparaître. Nous savons aujourd’hui deux choses de plus qui sont de la plus grande importance. Premièrement, nous sommes passés de l’idée d’une morale individuelle capable de nous sauver individuellement à une éthique planétaire, seule capable de nous sauver collectivement. Deuxièmement, ce n’est pas la technoscience mais l’éthique planétaire, qui pourra changer le monde pour le meilleur. Car que nous importerait de sauver un monde toujours aussi scandaleux que celui d’aujourd’hui, si nous ne croyions pas à notre capacité de l’améliorer considérablement ?
Et l’esthétique ne saurait être un cache-misère, un voile artistique sur des horreurs insupportables. Elle ne se justifie que si elle se lie à l’éthique. Nous redécouvrons cette idée ancienne de lien entre le beau et le bien ! Elle doit être capable de nous donner accès à cette valeur morale qui nous dépasse individuellement. Déjà Robert Motherwell exprimait cette exigence : « sans conscience éthique, un peintre n’est qu’un décorateur ». Nous parlons bien sûr désormais d’éthique laïque, car l’éthique religieuse ne peut sauver que des âmes individuelles. Jadis, seul Dieu pouvait sauver le monde. Et aujourd’hui c’est l’humanité qui a le pouvoir de détruire ou de sauver la Terre.
Face aux scandales terrestres, contre l’homme l’art plaide pour l’humain. Il peut contribuer à une sortie de crise aussi bien politique qu’esthétique. Notre fragilité humaine ne saurait nous dispenser d’en embrasser l’ambition. Je voudrais, pour le dire, avoir des mots rageurs, écrire avec de l’encre rouge l’indignation profonde que l’on ressent face à  l’exploitation et au cynisme généralisés qui entraînent tant de manques flagrants et répétés aux droits humains élémentaires auxquels nous assistons.

On peut donc prédire que c’est la vision éthique des artistes, qui déterminera de plus en plus leur représentation du monde.  La beauté que l’homme peut ajouter collectivement au monde est éthique, dans le sens où l’on parle par exemple de commerce équitable, de développement durable et solidaire. Et elle constitue la seule réponse possible, en fait incontournable, au désenchantement généralisé d’aujourd’hui. L’éthique, c’est seulement l’exigence de justice humaine, ici-bas, et non pas divine, au-delà, comme le promettait la religion. En ce sens, et en ce sens seulement, l’art pourrait devenir un art de vivre ensemble. Voilà l’art de l’avenir. 

vendredi 21 novembre 2014

Nous sommes des animaux divergents



Je dis: nous sommes des animaux parmi les autres. Nous avons inventé l'éthique, notre plus grande divergence, mais nous ne serons pas des dieux tant que nous la respecterons pas et qu'elle ne sera pas devenue planétaire.

mercredi 5 novembre 2014

La démocratie, c'est la jungle



Lorsqu'on observe la démocratie américaine, en ces temps de lutte polarisée à l'extrême des Républicains contre les Démocrates et le président Obama, on a l'impression, que dans ce pays qui prétend donner des leçons de démocratie au monde entier, la démocratie, c'est devenu la jungle, où la loi du plus riche et du plus cynique l'emporte presque à tout coup sur l'intérêt général. La démocratie est ainsi dévoyée pour le profit des riches et puissants et le malheur des pauvres et faibles. Nous savons bien que la démocratie est une utopie et qu'elle demeure - et de loin - le moins pire des systèmes de gouvernement. Nous savons que les démocraties sont bourgeoises et que leurs dispositifs de gouvernance équitable sont constamment détournés, contournés, violés, exploités selon la loi du plus fort contre la liberté, la justice, l'égalité, la fraternité qui devraient les régir. Et elles sont toujours faibles face aux folies humaines des fascistes, des communistes, des intégristes, des capitalistes sauvages.
Aux États-Unis, la démocratie est dévoyée par l'effet pervers du principe démocratique même. Chaque candidat cherche avant tout à garder son siège, souvent par les calculs locaux et les complicités les plus cyniques; où chaque association, chaque secte est prête à acheter les votes avec l'argent et la démagogie la plus médiocre.

vendredi 26 septembre 2014

L'optimisme de l'intelligence partagée


La mode a été depuis longtemps en Occident celle du pessimisme de l'intelligence. Voltaire et son Candide , suite au terrible tremblement de terre de Lisbonne en 1755, ont eu le dessus sur la théorie du meilleur des mondes possibles de Leibniz. Les catastrophes humaines du XXe siècle ont inévitablement aggravé la tendance. Il est très difficile de se voiler la face pour sourire de bonheur, alors que tous les jours nous sommes confrontés à des horreurs humaines et à des catastrophes naturelles intolérables.
La crise du postmodernisme en a tiré des conclusions philosophiques radicales et malheureusement légitimes. On ne croit plus à aucun des grands récits fondateurs de l'Occident, que ce soit celui de Dieu, déjà décrédibilisé en 1755 par beaucoup d'intellectuels, ou celui du Progrès instauré par la Révolution française, mais ruiné par la Shoah.
Nous sommes quelques-uns à opposer l'optimisme de la volonté à ce pessimisme de l'intelligence. Nous ne sommes pas nombreux, il est vrai, car nous passons dès lors pour des naïfs manquant de la lucidité la plus élémentaire aux yeux de intelligentsia. Du moins cela est-il évident dans l'idéologie intellectuelle dominante en Europe et notamment en France. Le constat est moins net en Amérique du Nord, mais, comme chacun sait en Europe, les Américains sont les plus puissants du monde mais pas les meilleurs intellectuels. Je suis de ceux qui célèbrent les mythes conjoints de Prométhée et de Sisyphe, associant la volonté de changer le monde et la résilience de celui qui remet chaque matin sur ses épaules le fardeau des malheurs du monde pour tenter à nouveau de monter vers les cimes.
Mais cette formule qui oppose l'optimisme de la volonté résiliente au pessimisme lucide de l'intelligence demeure très superficielle. Il faut aller plus loin dans la réflexion et admettre que l'intelligence n'est pas par nature ou par définition, ou par expérience et caractère acquis nécessairement pessimiste en soi. Je dirai même que l'intelligence pessimiste demeure simpliste ou élémentaire. Et il faut ici exercer un peu plus les capacités de raisonnement qu'elle nous offre. En effet l'intelligence pessimiste ne mène nulle part, si non à la résignation passive, au nihilisme ou au cynisme. L'intelligence pessimiste est celle de l'échec accepté d'avance comme une tragique fatalité. Les Grecs anciens la connaissaient bien déjà, mais l'attribuaient moins à la raison qu'aux passions humaines destructrices.
Si je constate avec mon intelligence pessimiste que le monde est un scandale permanent - ce qui malheureusement une grande évidence, je devrais en conclure avec mon intelligence lucide qu'il faut donc le changer. Si mon intelligence pessimiste me répond que malheureusement c'est impossible et qu'il faudrait être naïf et stupide pour prétendre y parvenir, mon intelligence devrait me suggérer qu'il est cependant préférable de s'y essayer avec patience et persévérance que de se suicider. Et d'ouvrir l'option de changements lents, chaotiques, mais qui vont globalement dans la bonne direction. Tout n'est pas catastropique. Tout n'est pas prometteur. Un exercice plus complexe de mon intelligence que ce binarisme simpliste m'amènera à admettre qu'on observe ici quelques progrès et là quelques reculs. Ainsi, en Occident, le progrès de la médecine et de la technologie sont des évidences. Elles demeures matérielles, certes, mais nous constatons aussi des progrès moraux. L'égalité civile grandissante des femmes et des hommes est difficilement niable, ni davantage condamnable. La conscience des valeurs écologiques, l'indignation contre l'injustice se répandent, comme bien d'autres "bonnes pensées" qui s'accumulent et convergent. L'institution des Nations Unies est d'une grande faiblesse et suscite beaucoup de déceptions, mais elle institue un espoir mondial de paix et de progrès humain. L'éthique collective, que j'appelle planétaire est encore d'une grande impuissance, mais l'apparition même de cette idée constitue une divergence majeure face à l'état de nature et à la loi de la jungle.
Si l'intelligence est une capacité d'analyse, elle l'est aussi de calcul. Or le pessimisme ne me donnera jamais rien, ni satisfaction physique ou psychique, ni satisfaction morale, ni progrès collectif. A l'opposé, non seulement l'optimisme est meilleur pour la santé et rend plus heureux, mais l'intelligence la plus élémentaire affirme que tout progrès humain, même partiel, provisoire ou éphémère vaut mieux que rien. Et il invite la volonté à rejoindre l'intelligence pour travailler à renforcer et multiplier ces petits progrès, dont il n'est pas exclu qu'ils finissent par se soutenir les uns les autres, s'arrimer et croître. Celui qui croit que le bonheur est dans l'argent et qui veut devenir riche, sait aussi qu'il faut y travailler chaque jour avec intelligence et calcul, et qu'une accumulation de petits profits pourra produire par effet multiplicateur une grande richesse. Il devrait en connaître la difficulté a priori et ne pas s'entêter à y parvenir, s'il était vraiment intelligent. Mais s'il l'est encore plus que "vraiment" et qu'il y joint la volonté, il devient capable d'y parvenir. Cette observation triviale vaut aussi pour le progrès humain. Bref, un calcul intelligent conclut qu'il vaut mieux travailler à changer le monde et donc croire au progrès, que de jouir cyniquement dans son pessimisme (ce que seuls les nantis peuvent se permettre).
L'intelligence élémentaire est pessimiste. L'intelligence supérieure est nécessairement optimiste et inspire une volonté d'action.
Mais il faut aller encore plus loin dans le raisonnement. Le progrès et l'intelligence individuels sont certes de grandes vertus qui s'imposent. Mais ils demeurent limités.  L'utopie de l'hyperhumanisme que je propose suppose qu'ils soient partagés par une minorité d'êtres humains.Elle s'appuie sur la puissance d'une volonté collective de changer le monde et donc sur l'optimisme de l'intelligence partagée.
On peut douter de l'intelligence collective, au sens d'une intelligence augmentée parce que partagée. Mais on ne saurait douter de la puissance d'une intelligence partagée par un plus grand nombre d'êtres humains en faveur, par exemple, du respect des droits de l'homme, une conception qui ne demande pas d'être tous des génies pour être comprise et soutenue.
Une intelligence partagée peut être simple. Il ne faut pas croire pour autant que le nombre de ceux qui la partagent en fera croître le niveau de lucidité ou la capacité d'analyse. C'est plutôt un génie individuel qui aura cette capacité. Je ne crois donc pas à l'intelligence collective, dont nous n'avons pas besoin ici, mais à l'intelligence partagée du plus grand nombre, qui peut nous éviter des catastrophes et soutenir des projets progressistes. Voilà ce que nous pouvons espérer de l'optimisme de l'intelligence partagée, très supérieur au pessimisme de l'intelligence individuelle.    .

mercredi 10 septembre 2014

Video: Collective Kick "Art Postal" Crowd Painting by Hervé Fischer (Francais)



Je vous propose un projet inédit de peinture collective sur le thème de l’engagement social dans la création culturelle. Chacun de nous est potentiellement un artiste. Je vous invite à vous associer à cette peinture collective en y faisant votre marque personnelle. Je serai votre exécutant pendant 30 jours en peignant le nombre d’entre vous qui vous y associerez et le montant cumulé des contributions de tous, à la manière des tableaux de variation économique et de spéculation financière de la bourse.

La culture peut être plus importante que l’économie. Montrons le ensemble. Merci à chacune et chacun de vous pour votre engagement qui nous réunira pendant les 30 prochains jours et au-delà, je l’espère, par notre succès collectif et la création d’une oeuvre emblématique de notre époque.


http://bit.ly/hervefischer