mardi 7 juin 2011
Le lien avec soi-même
Curieusement chacun de nous se dédouble et entretient avec lui-même un lien très fort, indispensable à la conscience de soi, dont le narcissisme ou l'égotisme ne sont que des excès. Nous avons un regard sur nous-mêmes, sur notre image, sur notre autoévaluation, sur notre lien social, qui peut nous faire souffrir, nous déprimer, nous exalter, selon les moments de la vie. Le "Je pense, donc je suis" de Descartes est une fausse conscience élémentaire de soi. Il implique d'emblée un dédoublement du sujet, qui est et qui a conscience de lui. Étrange regard. Schyzophrénie élémentaire, nécessaire. Lorsque ce lien constitutif de notre conscience de nous se défait commence la maladie mentale.
lundi 6 juin 2011
Méditation sur l'avenir de l'humanité
Cette peinture acrylique sur toile, de 2000, évoque la comparaison, depuis le Néolithique jusqu'à nos jours, entre la courbe du progrès de l'esprit humain, celle de la croissance démographique et celle de l'augmentation du pouvoir instrumental qui est entre nos mains.
L'esprit a peu progressé, et parfois même régressé. Le choc démographique est sous contrôle: la population humaine se stabilisera vers 2050 autour de 9 à 10 milliards d'habitants, puis diminuera. En revanche, depuis la maîtrise de l'énergie de la vapeur puis de l'électricité, nous avons maintenant accès au pouvoir du numérique, qui est en croissance accélérée, exponentielle. L'écart entre ce pouvoir et la maturité limitée de notre sagesse humaine va devenir problématique. Nous allons à la catastrophe, à moins que notre cerveau ne se transforme. Une mutation qui est possible, et que le numérique va sans doute contribuer à déclencher (intelligence et information connectées et partagées).
Souhaitons-le...
dimanche 5 juin 2011
samedi 4 juin 2011
L'hyperhumanisme est un athéisme
Pour ressentir pleinement la nécessité de construire les liens de l'hyperhumanisme, il faut ne dépendre que de nous-mêmes et de la nature, sans déviation débile vers un dieu maître de tout et de nous-mêmes. Il faut comprendre que nous sommes responsables de notre liberté individuelle et collective et ne penser qu'au salut de tous, sans pouvoir s'imaginer s'en tirer en sauvant seulement et égoïstement notre âme individuelle, tandis que l'humanité peut courir à sa perte.
vendredi 3 juin 2011
Un humanisme technoscientifique
S'approprier la culture technoscientifique, lui faire la place qui lui revient dans notre humanisme, et découvrir que paradoxalement, c'est la technoscience qui nous fera évoluer moralement, nous imposera une solidarité et une éthique planétaire.
jeudi 2 juin 2011
Autoportrait numérique
Nous ne sommes pas des Robinson Crusoé sur des îles désertes et perdues. Nous sommes en lien avec les autres, en réseau où nous dépendons tous les uns des autres, que ce soit par amour, utilité, désir ou haine. Voire imitation. Ce sont ces liens, leur qualité, leur intensité, leur densité, leur réciprocité, ou leur absence qui forment l'humanité, telle qu'elle est. C'est sur ces liens que nous pouvons construire; ce sont ces liens qui légitiment nos projets; avec le numérique,nous pouvons désormais tabler sur des échanges d'informations et d'idées, des projets partagés, des solidarités. Voilà la base de l'hyperhumanisme. Paradoxalement une base technologique fondée sur un simple code binaire.
(peinture acrylique sur toile, 2000)
mercredi 1 juin 2011
art sociologique au Brésil
Le Brésil a choisi, lors de sa fondation, cette maxime du positiviste Auguste Comte, comme vision de son développement. "Ordre et progrès" figure en tête de sa constitution. Faire une plaque conforme aux codes visuels brésiliens de nom de ville (en lettres blanches sur fond vert bordé d'une ligne blanche), comme pour les grandes affiches urbaines de mon intervention d'art sociologique lors de mon invitation par la Biennale de Sao Paolo en 1980 et placer ce panneau signalétique à l'entrée de cette favela, c'était dire qu'il y a loin de la coupe aux lèvres. Le Brésil a vu se creuser un fossé immense entre les riches et les pauvres et la solidarité humaine n'y est guère prise en compte. La dictature militaire, en charge, apparemment, d'y faire respecter l'ordre pendant longtemps, a certes cédé la place à un gouvernement élu, mais les assassinats de militants défenseurs des droits des indigènes en Amazonie continuent à y être perpétrés, le plus souvent impunément.
L'hyperhumanisme semble demeurer un rêve éternellement inaccessible. Y a-t-il un Sisyphe brésilien pour persévérer malgré tant de défis sur la voie du progrès humain ? Certainement. Il y en a beaucoup, des militants anonymes, dans les favelas, dans les centres communautaires, dans les écoles de samba des quartiers pauvres, dans les centres éducatifs et de lutte contre le sida, dans les forêts amazoniennes. Ils défendent les droits de l'homme, luttent contre l'analphabétisme, pour la protection des enfants et des femmes, contre la violence du capitalisme. Leur action commence à se faire sentir.
Inscription à :
Articles (Atom)





