mardi 21 juin 2011
Le premier lien
Le premier lien est vraisemblablement celui du fétus avec le corps de la mère. Ce lien, chacun devra le construire ensuite dans le carré parental et avec soi-même. Toujours à construire, avec le monde, avec les autres et - on l'oublie trop - avec soi-même. On s'aime, on ne s'aime pas, on veut être ceci ou cela. On se regarde aller. On se déteste ou on développe un narcissisme et un ego excessifs. Le lien avec soi-même, l'idée, l'image qu'on se fait de soi-même, qu'on tente de transformer, d'édifier, ce sera l'affaire de toute une vie. Certains voudront changer de sexe, d'autres seulement de couleur de cheveux ou de nez. Ce lien fondamentalement narcissique, nécessairement schizophrénique, inhibé, extraverti, modeste ou ambitieux, nous le retissons constamment au regard de nous-mêmes, mais aussi de l'autre, des autres. Je suis un réseau de liens, intimes et étrangers. La conscience de soi est un agrégat, un tissu de liens, nécessairement plastique, fripé ou extensible, avec des trous, des raccords, un patchwork, comme une peau de chagrin ou comme un grand rouleau de 100 mètres, noir, rose, rouge ou vert, ou marbré et bariolé. Fragmenté.
Et pourtant, chacun de nous construit une sorte d'unité, simulacre ou illusion de celui qu'on croit être, qu'on voudrait être, ou des innombrables impressions que les autres ont sans doute de nous.
Et voilà donc le port d'attache, si fragile ou incertain, à partir duquel nous naviguons vers les autres, ou les évitons. Cette surface du jeu social est un immense tissu d'intersubjectivités sur lequel nous dansons, courons, découvrons, partageons, et aimons ou fuyons les autres. Et élargissons notre conscience jusqu'à l'hyperhumanisme, ou médiocrement dans l'obsession de notre seul intérêt à court terme. Grand jeu, grand défi.
lundi 20 juin 2011
Mes trois philosophes préférés
L'éthique planétaire repose sur les liens que nous créons entre humains, et que le numérique permet aujourd'hui de multiplier. Confucius a été le premier grand philosophe de cette éthique sociale basée sur les liens et le respect de l'autre.
Le matérialisme athée est la base de toute interprétation du monde désaliénée des religions et illusions. Spinoza en a été le fondateur le plus pénétrant après Démocrite et Lucrèce. En outre Spinoza nous invite à ressourcer notre pensée dans la conscience de la nature, dont nous faisons partie entièrement et exclusivement. Ce panthéisme athée et matérialiste est la clé de toute philosophie.
Le postmodernisme nous a appris à démystifier les excès du rationalisme et de la pensée linéaire. Nietzsche a été le premier penseur postmoderne de l'Occident. La puissance de son esprit critique est pour nous exemplaire de la liberté de penser et de la lucidité que nous recherchons. Nietzsche nous invite aussi à développer notre volonté et à nous surpasser.
Avec ces trois philosophes, nous pouvons refaire le monde !
dimanche 19 juin 2011
l'hyperhumanisme contre le posthumanisme
Le posthumanisme, au-delà de sa séduction utopiste compensatoire de nos faiblesses et frustrations, est un intégrisme technoscientifique antihumain. Les fous du posthumanisme - comme on parle des fous de Dieu -, genre Ray Kurzweil, Marvin Minsky, Hans Moravec, Stelarc, Vita-More, ont développé une vision barbare, selon laquelle nous céderions la main aux ordinateurs et aux robots d'ici moins d'une génération. Une telle ingénuité constitue un excès d'autant plus regrettable qu'il en incite beaucoup à opposer plus radicalement l'homme à la machine, alors que la technoscience est manifestement au coeur de l'hyperhumanisme. L'éthique planétaire est l'enjeu principal de notre avenir humain et elle devra beaucoup, sans aucun doute, aux technologies numériques de communication. La technoscience, quoiqu'en disent ces exaltés, n'est rien de plus que notre création humaine, pour le meilleur et pour le pire. Pourquoi certains cherchent-ils sans cesse à se soumettre à des pouvoirs supérieurs et à leur déléguer notre liberté et notre responsabilité humaine. Enfin libérés de nos aliénations religieuses, faudrait-il nous inventer une aliénation technoscientifique? Quelle débilité mentale!
samedi 18 juin 2011
athéisme
L'athéisme implique la conscience aiguë de la créativité, de la liberté et de la responsabilité humaines. Ce sont aussi les valeurs fondamentales de l'hyperhumanisme, qui exige une éthique planétaire. La logique, la convergence de cette constellation d'idées est forte, incontournable pour celui qui y accède. C'est une philosophie complète qui s'en dégage.
vendredi 17 juin 2011
Ethique planétaire
L'éthique collective est plus urgente que l'intelligence partagée. Mais l'une n'exclut pas l'autre. Elles devraient cheminer ensemble.
jeudi 16 juin 2011
L'éthique connective
L'hyperhumanisme induit des sentiments de solidarité, de partage, de compassion ou d'indignation, ces réations que suscite l'information planétaire dont nous disposons de plus en plus grâce aux réseaux numériques. Ce sont ces émotions qui font partie de l'éthique, qui lui confèrent l'énergie nécessaire pour nous motiver à nous engager dans l'altermondialisme. Cette éthique planétaire n'est pas une réaction égoïste, comme le souci du salut religieux de l'âme. Elle se fonde sur une conscientisation de notre coresponsabilité de destinée humaine, de révolte contre le scandale de la violence, de l'exploitation et de la misère, de la souffrance humaine qui en résulte pour un à deux milliards d'entre nous.
C'est l'une des vertus paradoxales du numérique, que de nous lier non pas tant peut-être à une intelligence collective qu'à à une responsabilité et éthique connectives, dans des sentiments humains que nous sommes incités à partager.
mercredi 15 juin 2011
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