Je vote pour Edward Snowden, Prix Nobel de la paix 2014
samedi 26 avril 2014
dimanche 2 mars 2014
Seuls l'amour et le scandale donnent sens à la vie
Il y a bien des jours où je crois que penser, chercher, dialoguer, n'est une nécessité que pour soi-même et publier qu'une vanité illusoire de la plus grande inutilité. Une misère. Une peine perdue. Et comment pourrait-il en être autrement?
Il faut en tirer sagesse et en recentrer sur soi seul le bénéfice quotidien. Se changer soi-même sans prétendre changer le monde.
Mais je me reprends aussitôt. Car cette résignation disparaît dès que je suis confronté au scandale. Seuls l'amour et le scandale motivent et donnent sens à la vie. Et je l'affirme alors: c'st le lien qui compte. Vivre pour soi seul n'a aucun sens. Le lien, c'est le sens.
lundi 10 février 2014
Seuls maîtres de notre destin
Le temps n’est plus de sauver son âme, chacun pour soi,
comme au temps des religions individualistes. Notre destin est redevenu collectif,
comme dans les sociétés que nous avons appelées « primitives ». Il
nous faut assumer collectivement nos responsabilités humaines. C’est ce que
j’appelle l’hyperhumanisme, qui est une conscience augmentée des liens qui
unissent les hommes. Nous savons désormais que nous sommes tous dans le même
avion, qu’il n’y a pas de pilote venu du ciel ou de l’enfer, et que le temps
presse. Nous voilà seuls maîtres de notre destin. Une situation qui nous paraît entièrement nouvelle dans notre
évolution, mais dont nous tardons à prendre pleinement conscience, même si elle
date en fait de la Révolution française : il nous faut apprendre à piloter
nous-mêmes. Encore faut-il que nous sachions où nous voulons aller et donc que
nous donnions nous-mêmes un sens à notre aventure collective, que nous
choisissions ensemble une direction et des valeurs que nous puissions partager.
samedi 8 février 2014
La magie du numérique
Fascinés par le virtuel, par son
pouvoir instrumental, nous tendons à dévaloriser le réel, que nous jugerions
bientôt obsolète. Nous développons de la pensée magique, nous sommes assoiffés
de gadgets, de sorcellerie numérique et d’évasion. Nous sommes hypnotisés par
le virtuel aujourd’hui, comme jadis par le ciel divin. Nous en célébrons la
magie. Nous en attendons tout. Répéterons-nous toujours, de siècle en siècle,
cette même erreur de chercher dans un ailleurs ce dont nous croyons manquer
dans le réel, ou pour échapper à ce qui nous y frustre - le travail, la souffrance,
la mort, l'impuissance -, sans en estimer justement les vertus et les plaisirs.
Nous nous aliénons ainsi et perdons notre capacité à jouir de la réalité dont
nous avons le privilège exorbitant ici-bas. Nous tombons de croyance en
croyance dans le miroir aux alouettes, nous lâchons la proie pour l'ombre. Même
si nous ne savons pas ce qu’est le réel, du moins savons-nous que le réel demeure
nécessairement le roc de toute fondation.
vendredi 7 février 2014
jeudi 30 janvier 2014
mana numérique
Le numérique puise dans les arcanes de l’imaginaire .Le virtuel bleuté nous ouvre un espace d’apparitions, d’images esthétiques et de symboles qui font de nous des rêveurs éveillés devant nos écrans. Le virtuel est un monde émotionnel, un monde intérieur ou onirique. Nous y pénétrons en perte du principe de réalité, ou en réalité augmentée par nos sentiments et nos désirs. Même les sites de transactions bancaires et autres utilités ont leur magie. Et les réseaux numériques où nous côtoyons les attitudes subjectives des autres usagers, démultiplient nos propres émotions. Comment s’étonner alors que Ray Kurzweil, comme plusieurs autres gourous, prenne ces excitations pour la réalité, les hypostasiant pour les prêter aux technologies elles-mêmes, qui deviennent alors anthropomorphiques, intelligentes, puis spirituelles, et bientôt sentimentales, selon les titres mêmes de ses livres à grand succès ? Comment être surpris que les Japonais aiment tant leurs petits chiens robots, Tamagochis, Furbies et autres peluches numériques ! Voilà d’ailleurs déjà longtemps que les médias de masse nous ont habitués à identifier des objets technologiques à des émotions. Il suffit de penser à la publicité qui évoque la puissance virile en accotant des voitures et des femmes. C’est de ces comportements bien connus, mais qui sont démultipliées par la magie des technologies numériques, des sites de rencontres, des multiples navigations de l’internet, que vivent beaucoup d’industries actuelles. Le numérique catalyse nos émois. On peut parler des stimuli numériques comme des émotions cinématographiques, mais décuplés par l’interactivité, qui crée une implication personnelle dans ces univers de désirs et d’actions. Nous nous y projetons nos imaginaires les plus intimes et les plus vulnérables. Le numérique fait vibrer la psyché et nous aspire dans une pensée magique euphorisante.
dimanche 26 janvier 2014
La divergence éhique
Pour prendre vraiment conscience de la puissance
radicale des divergences que nous créerons, nous devrions sans doute même
parler des mutations du futur, dont nous n’avons pas encore la moindre idée.
Pas encore pensables ? Mais possibles. Une immense divergence s’esquisse
déjà sous nos yeux depuis deux mille ans au moins, dont nous n’avons pas encore
saisi la nouveauté et encore moins l’importance. Je veux parler de la
divergence éthique. La nature darwinienne est étrangère à toute exigence
éthique. Elle est régie par la loi du plus fort, du mieux adapté. Pas de
compassion pour les faibles, pas de sentiment de justice, pas de retenue face à
la violence. C’est l’espèce humaine qui a inventé cette conscience éthique
contre nature. Nous devons à cet égard beaucoup au christianisme. C’est
assurément la religion qui a le plus contribué à la formulation de cette
éthique au nom de l’amour du prochain et de la charité. Mais aujourd’hui dans
une société athée, nous ne pratiquons plus cette éthique pour assurer notre
salut personnel. Nous sommes à la deuxième étape du développement de cette
conscience éthique : elle n’est plus seulement individuelle, elle est
devenue sociale, collective, planétaire même. Elle repose sur le respect des
droits humains élémentaires de tous également, quelles que soient les
diversités des cultures. Elle nous incite à militer contre toutes les violences,
les exploitations humaines, à secourir les victimes, à devenir pacifistes. Nous
n’en sommes encore qu’aux premiers pas, mais nous sommes de plus en plus
nombreux à en ressentir l’exigence. Ne dit-on pas que certains ont la bosse des
mathématiques, évoquant ainsi par métaphore une augmentation de leur volume
cérébral traitant de pensée mathématiques? Il nous reste à espérer que ce qui
vaut pour les mathématiques vaille aussi pour l’éthique. Une éthique planétaire : la
plus immense, la plus nécessaire, mais aussi la plus difficile de toutes les
divergences du futur pensables aujourd’hui.
La divergence n’est pas nécessairement un bien en soi.
Nous en avons connu de bonnes et des mauvaises. Et ces jugements sont toujours
relatifs. Ainsi, l’impressionnisme n’est pas un progrès par rapport au
classicisme, mais un changement. Le passage de l’âge du feu à l’âge du
numérique demeure ambivalent, en ce sens que le progrès qu’il nous fait espérer
dépendra en réalité de l’usage humain que nous ferons de sa puissance. Seule la
divergence éthique est un progrès incontestable, que personne ne peut
raisonnablement nier. Les modalités d’application de l’éthique peuvent varier
selon les diversités historiques et culturelles, mais le principe de l’éthique
planétaire est un absolu, le seul absolu auquel les hommes peuvent prétendre.
Le gouvernail et la quille de l’esquif « humanité ».
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